La classification des nuages
J’ai choisi comme sujet pour ce tout premier article d’aller vers les bases: comment sont classés les nuages?
On entend souvent parler de cumulus ou de cumulonimbus, mais que désignent réellement ces termes ? Comment différencie-t-on les nuages les uns des autres ?
Cette question est longtemps restée sans réponse, malgré le fait que depuis la nuit des temps, l’Homme s’est accordé à dire que les changements de nuages annonçaient en général des changements de temps. Les premières traces d’observations systématiques reliant l’aspect des nuages à l’évolution du temps remontent au IIIe millénaire avant notre ère en Mésopotamie. C’était un outil indispensable pour garder la main sur de bonnes récoltes.
Ce n’est cependant qu’au début du XIXe siècle que deux hommes se sont mis à proposer une nomenclature complète pour la classification des nuages : un naturaliste français, Jean-Baptiste Lamarck, et un météorologue amateur britannique, Luke Howard. Je prévois de détailler dans un article ultérieur la bataille qu’a dû mener Howard pour faire prévaloir sa nomenclature et qui a gagné!
Cette nomenclature a été modifiée à plusieurs reprises depuis sa première publication en 1803, mais les fondements du travail de Howard sont restés pratiquement inchangés pendant plus de 200 ans. Elle repose sur des noms latins (comme nous l’avons vu un peu plus haut) et sur les caractéristiques physiques des nuages, telles que leur altitude, leur étendue ou leur forme.
À l’heure actuelle, la classification des nuages en usage est présentée dans l’Atlas International des Nuages, constamment mis à jour par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), une agence de l’ONU. Lien de leur site officiel : Accueil | Atlas international des nuages
Aujourd’hui, les nuages sont regroupés en plusieurs familles selon l’altitude à laquelle leur base se situe, puis classés en différents genres selon leur apparence générale.
Pour ce premier article, j’ai décidé de ne présenter que les familles de nuages (selon l’altitude du nuage) et leurs genres (selon leur forme générale). Il existe ensuite des espèces, sous-espèces et formes particulières qui donneront lieu à d’autres articles.
| Étage | Genres | Région polaire | Région tempérée | Région tropicale |
| Supérieur | Cirrus Cirrocumulus Cirrostratus | De 3 à 8 km | De 5 à 13 km | De 6 à 18 km |
| Moyen | Altocumulus Altostratus Nimbostratus* | De 2 à 4 km | De 2 à 7 km | De 2 à 8 km |
| Inférieur | Stratus Stratocumulus Cumulus Cumulonimbus* | De la surface du globe à 2 km | De la surface du globe à 2 km | De la surface du globe à 2 km |
Altitudes approximatives et genres de chaque étage.
*Les genres contenant le terme « nimbus » (nimbostratus et cumulonimbus) sont généralement associés aux précipitations et peuvent s’étendre sur plusieurs étages de l’atmosphère pour parfois atteindre jusqu’à 13 km de haut. On dit que ce sont des nuages à grand développement vertical.
Plus un nuage appartient à un étage élevé, plus il est généralement constitué de cristaux de glace. À l’inverse, les nuages des basses couches sont principalement composés de gouttelettes d’eau liquide.
L’image suivante issue de Météo France montre de façon très visuelle leur répartition en fonction des étages:

Dans les prochains articles, je vous proposerai de découvrir plus en détail chacun des dix genres de nuages reconnus par l’Organisation météorologique mondiale.
— Baptiste Lorient